samedi 30 août 2008

DISCOURS DE REMERCIEMENTS

ADRESSE AUX CONVIVES DU DINER D'ANTOURA LE 8 AOUT 2008


Mes chers amis,

Est-ce un hasard que nous soyons ensemble, ici, trois ministres de trois générations différentes, devant des camarades et des amis d’horizons si divers ?

Peut-être pas vraiment !

Car par delà nos âges respectifs et notre engagement à servir, je crois qu’un esprit commun nous rapproche. Cet esprit se caractérise par l’approche directe, franche, transparente des évènements de ce monde et de la part de responsabilité qu’il convient d’y prendre, sans ostentation, mais surtout sans malice et sans concession. Sans compter que nous sommes engagés dans la même aventure de restauration de l’Etat de Droit.

Je connais Ziad depuis près de 18 ans. J’ai connu son père, il y a plus de 55 ans ; il a l’âge de mes enfants ; il a la densité de mes meilleurs amis. Son esprit « scout » toujours l’a constamment orienté vers le service public. C’est un grand commis de l’Etat. Même s’il est aujourd’hui plus et mieux que cela. Servir avait toujours été sa faiblesse ; c’est aujourd’hui sa force. Il ira encore plus loin.

Dr. Tony Karam était pour moi un inconnu. Jusqu’au jour où j’ai appris qu’il est un ancien d’Antoura. Alors j’ai compris pourquoi il a été choisi pour représenter les irréductibles. Je comprends aussi pourquoi il fronce les sourcils quand, au cours du Conseil des ministres, je suis saisi d’un doute. Assis en face de moi, ou presque, il est, à la fois, un miroir et une conscience critique. Mais une conscience claire et limpide. Il est un service commandé, un soldat intraitable : un antourien pur et dur.

Voilà, Messieurs, pour les présentations !

Pour le reste, je vais vous faire deux ou trois aveux.
Le premier est sans doute le plus vrai. J’ai toujours revu mes amis d’ici avec le plus grand bonheur ; ils ont effacé mes anxiétés et mes souffrances de pensionnaire craintif en mal d’identité ; ils m’ont toujours donné bon dos et bonne conscience. J’ai toujours été prêt à leur tendre la main. En fait, mes amis, vous avez été, vous être cette partie de moi-même qui ne connaît pas de vieillissement. Car le cœur ne vieillit jamais.

Seules les articulations sont sensibles au temps qui passe. Quand je vous revois, je me pose la question de savoir si j’ai été fidèle à mes rêves d’enfant ; et je réponds qu’au final : oui, j’ai emprunté un parcours difficile, j’ai choisi, comme dit le Christ, le chas de l’aiguille ; j’ai refusé de vendre mon âme au Diable pendant les interminables années de tutelle et d’ambiguité qui ont trituré et labouré notre Pays. Tout le long des corridors et des voûtes de cette école d’Antoura, il n’y a de place que pour les justes.

La deuxième est que j’ai eu beaucoup de mal à me faire des amis de circonstance, après mes années de collège. Ici, les amis ont été, ils sont comme des parents : on ne les choisit pas ; ils sont comme consanguins et le produit d’une heureuse fatalité. Avec vous, mes amis, je suis encore comme les fleurs qui gardent une éternelle fraîcheur.

Merci mille fois!

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